Un grand moment d'émotion avec Isabelle Debruys

Originalité et savoir-faire sont au rendez-vous...

14 févr. 2010 Daniel Lesueur

Avec son roman « Tous les plafonds sont bleus », la jeune auteure révèle un incroyable talent de plume

Avec son prologue –un prologue comme on en a peut-être jamais lu de semblable : un auteur qui discute ou papote avec le lecteur, c’est pas courant ! - elle l’a mis dans sa poche, son lecteur. Elle n’aura pas besoin de lancer les dés une seconde fois : rien n’est pipé, on est sûr d’être en présence d’un grand roman…

« Fleur est le seul membre de sa famille à avoir survécu à un accident de voiture lorsqu’elle était enfant. Elle est convaincue, depuis, que le hasard gouverne tout, et qu’il le fait à tort et à travers. Devenue adulte, elle décide de n’avoir aucune attache, en particulier sentimentale, et de rompre tout lien naissant. Ce n'est pas bien malin, mais chacun fait avec les armes qu'il a, même les plus inutiles ».

Dès la quatrième de couv ‘, elle l’a gagné, son lecteur, Isabelle Debruys.

Les éléments ne sont pas toujours purificateurs

L’histoire démarre sur les chapeaux de roues (sans jeu de mot !) par le grand feu d’une explosion, celle d'un camion-citerne. Tout le reste du roman n'aura qu'un unique but : l’éteindre, ce feu destructeur. Pour tenter d'y parvenir, l’auteure fait de son héroïne une accro de l’élément liquide, du verre si fréquent qu'elle sirote à toute heure du jour ou de la nuit jusqu'à l’océan dans lequel elle manque de se noyer. Et comme si le liquide… « liquide » n’était pas suffisant, il l’attire également sous sa forme solide, dans le Palais de Glace. L’eau, le feu… L’air lui aussi joue son rôle : l’air partout odorant en Australie, l’air parisien dont la pollution ne gêne en rien l’héroïne, l’air qui la fouette lorsqu’elle se prête à des sports violents.

« Elle s’appelle Fleur, pas Irène ou je ne sais quoi de tranquille »C’est ainsi qu’Isabelle nous présente son roman. En omettant, pour nous en réserver la surprise, de préciser qu’il s’agit d’un roman à l'allure de poupée gigogne : l’auteur « ordinaire » (ce que n’est pas Isabelle) se prend toujours pour Dieu en faisant faire à ses personnages ce que lui seul veut. Isabelle Debruys, déesse toute puissante de son petit théâtre, a jugé que c’en était trop, du despotisme des auteurs. Aussi délègue-t-elle ses pouvoirs à un auteur par intérim. Un auteur qui a déjà bien assez de ses problèmes personnels pour véritablement se soucier de ceux de Fleur, qu’il ballade, dans les airs justement, d’un bout à l’autre de la planète lorsque son horizon de plafond ne suffit plus à la noyer.

Son avenir à pile ou face… Moins risqué que la roulette russe ?

Puisque l’auteur par intérim ne sait pas vraiment quoi faire de ce personnage qu’il aurait bien fait mourir dès le premier chapitre, réduisant ainsi le roman à une mini-nouvelle, il lui laisse les clés ! Fleur, joueuse invétérée, tire à pile ou face : pile, elle installera chez elle son amant déjà marié et renoncera à sa vie d’aventurière. Mais si c’est face ?

Roman : mode d’emploi, Making of

Isabelle a carrément réalisé un clip pour présenter son livre. En explorant son site, vous décrirez qu'à l'instar de Cupidon qui, lui, a plus d'une flèche dans son carquois, Isabelle, quant à elle, a plus d'une corde à son arc. Alors... rendez-vous au détour d'un concert ou dans un Salon du livre.

Les droits de l'article Un grand moment d'émotion avec Isabelle Debruys publié dans Livres appartiennent à Daniel Lesueur. La permission de reproduire Un grand moment d'émotion avec Isabelle Debruys dans la presse traditionnelle ou sur internet doit être accordée par écrit par l'auteur lui-même.
Isabelle DEBRUYS, futur grand nom, x Isabelle DEBRUYS, futur grand nom
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Commentaires

15 févr. 2010 10:13
Laurence Barreau :
Tout semble dynamique et rebondissant dans cette aventure. Un article à vous donner des démangeaisons de lecture.
1 Commentaire: